J’ai un projet innovant : quel statut choisir ?

Se lancer dans un projet novateur est une chose, mais quelle forme lui donner parmi la multitude de statuts possibles pour créer votre société ? Comment trouver celle qui rassemble les points primordiaux au bon fonctionnement de votre future entreprise ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Quelques critères essentiels

Qui dit projet innovant dit jeune entreprise aux besoins spécifiques. Organisation changeante, modèle économique évolutif, investisseurs fluctuants, ou prise en compte du risque financier, votre société doit se développer dans un contexte propice et avantageux. Un bon statut doit donc réunir certains critères essentiels comme :

  • la possibilité de rassembler plusieurs associés,
  • la facilité à faire entrer ou sortir rapidement ces derniers du capital,
  • la protection et la limitation de leur responsabilité et de celle des dirigeants,
  • une bonne réputation aux yeux des futurs clients et partenaires,
  • une grande flexibilité dans l’organisation juridique et interne.

Cette liste d’éléments n’est pas exhaustive, mais elle constitue néanmoins la base idéale pour ce type de société. Ces critères excluent d’office certains statuts inadaptés ou jugés trop complexes, tels que :

  • la micro-entreprise, et toute société individuelle et unipersonnelle (EURL comprise), ne permettant ni d’intégrer des investisseurs ni d’être crédible, notamment à cause de la limitation du chiffre d’affaires,
  • la SARL et la SA, réputées pour leur rigidité et/ou réservées à de gros projets.

Il ne reste alors que la SAS et la SASU, deux formes qui réunissent toutes les conditions et qui présentent en plus des avantages non négligeables.

Les atouts de la SAS et de la SAS

Précisons d’abord que la SASU et la SAS sont identiques juridiquement. Une SASU n’est rien d’autre qu’une SAS constituée d’un associé unique, et c’est un point d’autant plus important si vous souhaitez démarrer seul, tout en gardant la possibilité d’évoluer et d’intégrer plus tard d’autres associés. Notez que le passage de la SASU à la SAS se fait sans formalités particulières.

Hormis cet aspect intéressant, vous bénéficiez aussi d’autres caractéristiques très appropriées, parmi lesquelles :

  • une grande liberté dans la rédaction de vos statuts,
  • un meilleur régime de protection sociale,
  • une importante flexibilité, notamment pour l’entrée et la sortie de nouveaux actionnaires, ce qui facilite toute levée de fonds potentielle que vous pourriez être amené à réaliser,
  • une excellente souplesse sur l’organisation, le fonctionnement et la direction,
  • une bonne protection contre les risques financiers encourus, votre responsabilité n’étant limitée qu’aux sommes que vous avez injectées dans la société (mettant de facto à l’abri votre patrimoine personnel),
  • une fiscalité attractive avec un choix possible entre impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu (pour les 5 premières années seulement),
  • l’obtention possible du statut de Jeune Entreprise Innovante qui octroie plusieurs exonérations avantageuses.

La liste des atouts est encore longue, mais compte tenu de tout ce que nous avons déjà vu, la SASU/SAS reste le meilleur choix à faire. Néanmoins, comme toutes les formes sociales, elle peut présenter aussi certains inconvénients. Il est donc nécessaire de vous renseigner plus précisément avant de lancer votre projet.

Enregistrer sa start-up : les bonnes manières

Après des semaines de brainstorming, vous avez enfin peaufiné votre projet d’entreprise ! Business plan en poche, il va donc falloir concrétiser tout ça, et pas n’importe comment. Voici donc quelques étapes à suivre, utiles pour mettre toutes les chances de votre côté.

Rencontrez des spécialistes

Ne lésinez pas sur l’accompagnement, surtout si vous êtes novice, car vous obstiner à tout faire seul pourrait vous faire commettre des erreurs. La start-up est une forme d’entreprise tendance, et de nombreux réseaux se sont tissés autour de cette thématique. Sollicitez ces derniers qui sont tout à fait capables de vous apporter aides et conseils. Ils sauront également vous mettre en relation avec des financeurs et d’autres experts pouvant eux-mêmes s’investir dans votre projet. Ce serait dommage de s’en priver !

Le choix des associés

Trouvez des associés ou assurez-vous de la fiabilité de ceux que vous avez. Une start-up nécessite plusieurs profils, et ces compétences sont difficiles à remplir par soi-même. Vous devez pouvoir convaincre d’autres personnes du bien-fondé de votre idée, et fédérer autour du projet. Agir dans votre coin est le meilleur moyen d’échouer à long terme !

Réfléchissez à votre communication

Votre idée est peut-être la meilleure du monde, mais sans une bonne communication vous n’irez pas loin. Ne sous-estimez pas le pouvoir d’internet dans l’évolution de votre entreprise. Prévoyez tout le nécessaire à une visibilité maximum : site internet, blog, présence sur les réseaux sociaux, etc. Autant d’outils qui vous permettront de faire de la veille, de nouer des relations, et de créer votre communauté de clients potentiels.

La phase juridique

Une fois le modèle économique en place, et les investisseurs et associés trouvés, vous pouvez passer à l’étape essentielle : la création de votre start-up.

  • Choix du statut juridique = > étudiez bien toutes vos options, mais retenez que pour ce type de projet, la SAS est bien souvent la forme la plus appropriée.
  • Rédigez vos statuts = > n’hésitez pas à solliciter des professionnels pour vous encadrer sur ce point. Passer par un spécialiste pourrait vous en coûter jusqu’à 2000 €, préférez donc en priorité les consultations gratuites souvent organisées par les Chambres de commerce et d’industrie.
  • Fixez votre capital = > ne faites pas l’erreur d’un montant trop bas, car celui-ci rendrait méfiants vos potentiels collaborateurs. Essayez au moins d’assurer votre première année d’activité.
  • Publiez votre annonce légale = > comme pour toutes les sociétés de cette importance, vous devez impérativement faire paraître une annonce de création dans un journal d’annonces légales de votre département, habilité par arrêté préfectoral.
  • Déposez votre dossier au CFE = > une fois toutes les formalités précédentes remplies, complétez votre dossier avec les justificatifs demandés, et envoyez votre dossier au centre de formalités des entreprises dont vous dépendez. Il s’agit de la dernière étape avant de recevoir votre Kbis et de pouvoir vous lancer dans le grand bain !

En résumé, pour bien débuter avec votre start-up, inutile de griller les étapes. Communiquez, et sachez avant tout vous entourer des bonnes personnes, pour développer votre projet sur des terrains insoupçonnés !