Dissolution anticipée

 La dissolution est la première étape de la radiation d’une société au Registre du Commerce et des Sociétés. 

Prise de décision de la dissolution anticipée 

La dissolution anticipée d’une société est décidée lors d’une Assemblée Générale Extraordinaire, à l’unanimité des associés ou des actionnaires, ou selon les conditions prévues dans les statuts sociaux (cas de la SAS par exemple qui peut définir des règles de majorité et quorum particulièes).  

A cette occasion, un liquidateur amiable est nommé afin que la procédure de dissolution anticipée se déroule conformément à la loi. Les décisions prises lors de cette Assemblée Générale Extraordinaire (AGE) par les associés (SARL) ou les actionnaires (SAS), sont de deux ordres : la décision de dissolution anticipée de l’entreprise, la nomination d’un liquidateur.  

Une fois ces décisions actées, les associés ou les actionnaires doivent rédiger un procès-verbal contenant : 

  • la décision de la dissolution anticipée, 
  • les coordonnées du siège social de la liquidation, 
  • les coordonnées du liquidateur (nom, prénom, adresse). 

En outre, le procès-verbal précise que la société subsiste pendant les procédures de liquidation et de clôture de liquidation mais que les fonctions des dirigeants (gérant ou président) s’arrêtent, laissant place au liquidateur, avec les pouvoirs et obligations laissés par les associés ou les actionnaires à l’issue de l’AGE. 

Le liquidateur, qui est-il et quel est son rôle ? 

Le liquidateur (ou les liquidateurs) est nommé par les associés ou les actionnaires lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire ou il peut également être désigné dans les statuts sociaux de l’entreprise à la création de celle-ci. Le liquidateur peut être le gérant (SARL) ou le président (SAS) de la société, un associé ou un tiers.  

Les fonctions du liquidateur prennent fin systématiquement dans le même délai que les opérations de liquidation, sa mission consistant essentiellement dans : 

  • la réalisation des actifs : recouvrement des dettes, cession des actifs, etc. 
  • l’apurement des passifs : remboursement des dettes, 
  • la mise à jour des comptes de liquidation de la société, 
  • la réalisation d’un rapport de liquidation, 
  • l’information des associés / actionnaires. 

Attention, la dénomination sociale de l’entreprise présente sur les documents officiels à l’égard des tiers doit être suivie de la mention « société en liquidation » pendant toute la procédure. Si ce n’est pas le cas, l’entreprise s’expose à une amende. 

Le liquidateur qui a été nommé est tenu de réaliser les formalités dans le mois qui suit la date du procès-verbal de l’Assemblée Générale Extraordinaire, actant la décision de dissolution anticipée. 

Enregistrement de la dissolution de la société auprès des services fiscaux 

Le procès-verbal de l’AGE notifiant la dissolution de la société doit être déposé au service des impôts des entreprises compétent pour le siège social de l’entreprise, afin de procéder à son enregistrement.  

Note, cette démarche ne donne lieu à aucun règlement depuis le 1er janvier 2019 dans la mesure où l’acte (procès-verbal) ne porte aucune mention de transmissions de biens, meubles ou immeubles, entre les associés ou autres personnes. 

Publication d’une annonce légale de dissolution anticipée de la société  

Dans le mois qui suit la signature du procès-verbal de dissolution anticipée, le liquidateur a l’obligation de publier une annonce légale dans un Journal d’Annonces Légales (JAL). Cette publicité légale informe les tiers du changement d’état de l’entreprise. C’est en fait l’avis de dissolution de la société, permettant aux éventuels créanciers de se manifester et de faire valoir leurs droits. 

Outre les informations de base concernant la société : raison ou dénomination sociale, forme juridique, montant du capital social, siège social, nature de l’activité, numéro d’immatriculation de la société, etc., l’annonce légale doit mentionner : 

  • les raisons de la dissolution, 
  • les coordonnées complètes du ou des liquidateurs, 
  • les limites des pouvoirs du ou des liquidateurs, 
  • les coordonnées du siège de dissolution-liquidation de l’entreprise, 
  • les coordonnées du greffe du Tribunal compétent. 

Dépôt de la demande d’inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés  

Le liquidateur gère ensuite le dépôt du dossier de demande d’inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) auprès du greffe du Tribunal de Commerce ou auprès du CFE (Centre de Formalités des Entreprises) compétent.  

Ce dossier comprend :  

  • le procès-verbal de dissolution enregistré aux impôts (un exemplaire), 
  • la déclaration de modification : formulaire M2 complété et daté (trois exemplaires), 
  • l’attestation de la publication de l’avis de dissolution anticipée dans un Journal d’Annonces Légales, 
  • la déclaration de non-condamnation et de filiation pour le liquidateur. 

Ce dossier permet à la société de ne pas être radiée immédiatement mais de continuer d’exister jusqu’à la clôture de la liquidation.