Cession de parts sociales d’une SCI : formalisme, opposabilité, enregistrement au RCS

La cession de parts sociales dans une SCI s’opère entre l’un des associés, qui possède des titres dans la société, et un tiers (associé ou non) à qui il les revend. Il faut simplement que la SCI compte 2 associés au minimum pour exister. La cession de parts sociales d’une SCI ne donne pas lieu, ... Cession de parts sociales d’une SCI : formalisme, opposabilité, enregistrement au RCS

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Mis à jour le 29 juillet 2026

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La cession de parts sociales dans une SCI s’opère entre l’un des associés, qui possède des titres dans la société, et un tiers (associé ou non) à qui il les revend. Il faut simplement que la SCI compte 2 associés au minimum pour exister. La cession de parts sociales d’une SCI ne donne pas lieu, en elle-même, à la publication d’une annonce dans un support d’annonces légales. En revanche, elle doit respecter des formalités d’opposabilité à la société et aux tiers, notamment les formalités de dépôt au registre compétent.

Formalisation et opposabilité de la cession des parts d’une SCI

Depuis la promulgation de la LOI n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, la cession de parts sociales de SCI ou de société à prépondérance immobilière ne peut plus être réalisée par un simple acte sous seing privé. La loi stipule que toute cession de part sociale d’une SCI doit être réalisée par :

  • acte authentique, établi par un notaire,
  • par acte contresigné par un avocat,
  • ou par un acte rédigé par un expert-comptable, à condition que cette cession soit directement liée à sa mission principale d’expertise comptable de la société.

Pour être opposable, la cession doit d’abord être rendue opposable à la société selon les formes prévues par les textes et, le cas échéant, par les statuts. Son opposabilité aux tiers suppose ensuite l’accomplissement de la formalité de publicité au registre compétent, aujourd’hui assurée par le dépôt des statuts mis à jour (voir plus bas la partie consacrée au décret n°2026-340 du 30 avril 2026) lorsque les textes le prévoient.

Par ailleurs, la procédure nécessite notamment l’enregistrement de la cession au service des impôts dans le mois, avec paiement des droits d’enregistrement calculés sur le prix, à un taux qui dépend de la nature du patrimoine de la SCI (souvent 5 % pour une SCI immobilière).

Cas particulier de la cession de la majorité des parts d’une SCI : une information en mairie peut être nécessaire pour vérifier si un droit de préemption urbain s’applique.

En résumé, la cession de parts sociales d’une SCI n’impose pas, à elle seule, la publication d’une annonce légale. En revanche, si l’opération s’accompagne d’une modification soumise à publicité — par exemple un changement de gérant, de dénomination ou de siège social — une annonce légale peut alors être requise au titre de cette modification distincte.

Processus de cession de parts sociales d’une SCI  

Départ de la société, préparation de succession, accueil d’un nouvel associé… Plusieurs événements peuvent engendrer la cession de parts sociales d’un associé d’une entreprise. Cette procédure implique un cédant, associé possédant des titres dans l’entreprise, et un cessionnaire, qui les lui rachète. Il peut s’agir d’un autre associé, d’un conjoint, d’un ascendant ou d’un descendant ou même d’un tiers.

Dans une SCI, la cession de parts est en principe soumise à l’agrément des associés dans les conditions prévues par les statuts et par les textes applicables. Il convient donc de vérifier précisément les clauses statutaires, notamment en cas de cession entre associés ou au profit de certains proches.

Par défaut, la cession de parts sociales d’une SCI est soumise à l’agrément des associés, sauf si les statuts de la SCI contiennent des dispositions précises : une dispense d’agrément pour les cessions à certains proches (par ex. ascendants/descendants).

Procédure d’agrément  

L’associé cédant doit notifier son projet de cession, accompagné d’une demande d’agrément de l’acquéreur proposé, à la société et à chaque associé. Cette notification doit être effectuée par acte d’huissier ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, sauf si les statuts prévoient une autre procédure.

La première chose à faire, après avoir évalué la valeur des parts, consiste à réunir tous les associés pour la procédure d’agrément. Ils doivent être informés de cette décision par courrier puis valider le cessionnaire (acquéreur) avec un vote d’agrément, lors d’une assemblée générale extraordinaire (AGE). Une fois la cession des parts acceptée, il faut rédiger l’acte de cession. Ce document est essentiel : il mentionne notamment les modalités de rédaction de l’acte (chez le notaire ou sous seing privé), l’identité du cédant et du cessionnaire, le nom de la société, le nombre de parts cédées, leur prix unitaire, les modalités de paiement et l’agrément des associés.  

Modification des statuts suite à la cession des parts sociales SCI  

Toutes les modifications statutaires ne se traduisent pas automatiquement, en pratique, par une annonce légale au seul motif qu’une cession de parts est intervenue. Il faut distinguer la mise à jour des statuts rendue nécessaire par la cession et les modifications qui, par leur nature, sont soumises à une formalité de publicité dans un support d’annonces légales.

Cependant, dans le cas d’une SCI, en fonction du cessionnaire, la procédure se révèle plus ou moins simple. S’il s’agit d’un associé, d’un descendant ou d’un ascendant, les statuts peuvent prévoir ou non une procédure d’agrément. Dans tous les cas, il faudra faire enregistrer l’acte de cession auprès du Service des impôts des Entreprises, SIE, et sur le guichet unique.

Il convient de vérifier si les statuts mentionnent nominativement les associés ou la répartition détaillée des parts. Si tel est le cas, une mise à jour des statuts ou des actes sociaux pourra être nécessaire pour tenir compte de la cession.

Cette opération n’emporte pas, par elle-même, l’obligation de publier une annonce légale. L’opposabilité aux tiers résulte de l’accomplissement des formalités requises auprès du registre compétent, notamment par le dépôt des statuts mis à jour lorsque cette formalité est applicable. La publication d’une annonce légale dans un SHAL n’est requise que si la cession s’accompagne d’une autre modification soumise à cette publicité.

Enregistrement fiscal de la cession des parts de la SCI

L’acte de cession doit être enregistré auprès de l’administration fiscale dans le délai d’un mois. Les droits d’enregistrement s’élèvent à 5 % du prix de cession.

Que change le décret n°2026-340 du 30 avril 2026 en matière de cession de parts de SCI et publicité ?

Les modifications introduites par le décret n° 2026-340 du 30 avril 2026 concernant la cession de parts de sociétés civiles immobilières (SCI) et les règles de publicité associées sont les suivantes.

  1. Simplification des formalités de publicité
    Avant le 6 mai 2026, la publicité des cessions de parts de SCI nécessitait le dépôt au registre du commerce et des sociétés (RCS) d’une copie authentique de l’acte de cession (s’il était notarié) ou d’un original (s’il était sous signature privée).
    Depuis l’entrée en vigueur du décret du 30 avril 2026, entré en vigueur le 6 mai 2026, la formalité de publicité au registre a été simplifiée : dans les conditions prévues par les textes, le dépôt des statuts mis à jour remplace le dépôt de l’acte de cession.
  2. Possibilité pour le cédant ou le cessionnaire d’effectuer le dépôt
    En cas de défaillance du gérant à effectuer le dépôt des statuts modifiés, le cédant ou le cessionnaire peut pallier cette absence. Ils doivent mettre en demeure le gérant d’accomplir cette formalité et, en cas de non-réponse dans un délai de 8 jours, saisir le président du tribunal pour justifier de cette mise en demeure infructueuse.
  3. Opposabilité aux tiers
    Le dépôt des statuts modifiés rend la cession opposable aux tiers, sous réserve que les formalités internes à la société (acceptation par le gérant ou signification) aient été accomplies.
  4. Alignement avec les règles applicables aux SARL
    Ces nouvelles dispositions harmonisent les formalités de publicité des cessions de parts de SCI avec celles des sociétés à responsabilité limitée (SARL).

Attention : le défaut de publication des statuts modifiés peut entraîner l’inopposabilité de la cession aux tiers, sauf si ces derniers en ont eu connaissance personnelle. Les parties doivent veiller à respecter les formalités internes à la société pour éviter tout risque de contestation.

Foire aux questions sur la cession de parts sociales d’une SCI ?

Que faut-il vérifier dans les statuts d’une SCI pour une cession de parts sociales ?

Avant d’engager le processus de cession de parts sociales d’une SCI, il est indispensable de relire les statuts, et les pactes d’associés s’il y en a, pour identifier :

  • les clauses d’agrément,
  • les clauses d’inaliénabilité,
  • les droits de préférence ou de préemption internes.

Si le gérant unique d’une SCI vend toutes ses parts, faut-il publier une annonce légale ?

Dans une SCI « classique », la loi ne prévoit pas de publier une annonce légale quand le gérant cède ses parts, même si cela entraîne un changement d’associés. En effet, le gérant cessionnaire peut rester gérant sans être associé de la SCI. En revanche, la cession doit être rendue opposable à la société, puis aux tiers par l’accomplissement de la formalité de dépôt requise au registre compétent, selon le régime applicable à la date de l’opération.

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Les points à retenir

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Le cadre légal d'une cession des parts d'une SCI a été modifié par deux textes en 2026.

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Un acte de cession sous seing privé n'est plus valable pour constater une cession de parts sociales de SCI.

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La publicité est désormais réalisée par le dépôt, en annexe au RCS, des statuts modifiés, et non plus par le dépôt de l’acte de cession lui‑même.